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.:: La pluie, une sensation avant tout ::.

.:: La pluie, une sensation avant tout ::.
La pluie.
Elle a la capacité de donner une toute autre ambiance à une ville.
Une nouvelle dimension qui jusqu'alors semblait inconnue. Du moins pendant les premières minutes de son apparition.
L'air humide, les gouttes qui tombent du ciel, toutes ces surface qui réfléchissent la lumière et produisent des effets, sans oublier l'air froid et l'eau qui ruissèle par terre ... tout à son rôle dans cette ambiance.
Si l'évènement s'intensifie, l'idée d'une manifestation quelconque peut nous venir à l'idée, quelle que soit nos croyances.
En un rien de temps, la vie devient un poème.
La pluie rapproche tout le monde. Enfin non, pas tout le monde. J'ai remarqué qu'il y a deux types de personnes.
Ceux qui sont en stress, énervé d'être mouillé...
Et ceux dont l'idée d'être mouillé ne dérange pas, admiratifs devant une ambiance telle, prenant possession de leur environnement journalier.
Heureux d'être témoin de ce recyclage d'environnement.
Ce qui nous entoure, jusque là dénué de tout interet, d'un coup nous émerveille.
La pluie multiplie donc par dix la sociabilité de ces derniers. On en vient à discuter facilement, alors que si il faisait beau nous ne l'aurions pas fait.


Mais jamais comme un certain Mardi 27 mai 2008, aux alentours de 8h15.
C'est la fin de l'année... De ma classe pratiquement plus personne ne vient en cours. Seule Laura reste avec moi devant le bahut, mais je ne la connait que depuis quelques jours.
Après avoir tourné dans le bahut pour trouver du monde, je décide de rentrer chez moi.
Pendant tout le trajet du Clos vers la Fnac, le ciel est d'une noirceur effrayante. Comme si nous étions en pleine nuit.
Un épaisse couche de buée recouvre les vitres, contre laquelle les mioches font des c½urs et d'autres dessins à la con.
Les mêmes dessins à la con que je devais faire aussi avant, à leur âge, quand je vivais à Caen.
A ma sortie du bus la pluie redouble d'effort, le bruit que fait l'eau contre les vitre surprend les trois quart des gens dans le bus.
Je sors et me rend compte que l'arrêt de bus où je suis, situé à droite de la Fnac, est pratiquement vide.
J'ai hâte de rentrer chez moi, j'ai clairement la flemme d'attendre que la flotte cesse.
Malheureusement, je n'ai pas le temps de commencer à dépasser le restaurant au coin que le débit d'eau qui tombe, passe de "négligeable" à "carrément effrayant".
Une petite tendance téméraire certes, mais à pied.
Je décide donc de rebrousser chemin et de m'abriter sous un porche, qui finalement est juste derrière l'arrêt de bus.
Ces nuages noirs, cette flotte qui tombe en continue me fais un peu l'effet d'une manifestation ... de quelque chose d'inconnu. Moi qui ne suis croyant en rien, je commence à me dire que la France ne doit pas être aussi laïque que ça, si ce genre d'idée me vient à l'esprit.
Un homme d'un certain âge (ou d'un âge certain, comme vous préférez) passe près de moi, il me regarde. Détourne son regard. Repose les yeux sur moi, s'avance et engage la discussion.


"Ça, c'est mauvais signe...
- Comment ça ?
- Dieu est en colère.
- Ah, bah ... Oui, évidemment."


L'homme se met à coté de moi, pour observer la pluie qui tombe abondamment sur la voiture (bien moche soit dit en passant) devant nous. Bon bah c'est cool, chuis pas le seul a avoir des idées de merdes à cause d'un gros nuage noir.
Je sors mon portable, prends une première vidéo. On voit strictement rien, à part la silhouette de quelqu'un qui passe avec un parapluie.
Je referme rapidement mon portable, tout en me questionnant sur l'échange que j'ai eu avec cet homme. La seule chose qu'il trouve à me dire, le premier truc qui lui passe par la tête, c'est qu'il pense qu'une entité est de mauvaise humeur. Chais pas, quand il flotte comme ça, tu parles pas de tes croyances... à la con.
Parler de Dieu avec un inconnu... C'est osé je trouve. Quand on voit le nombre de morts qu'il y a eu à cause des religions, ça prouve bien que ce n'est pas un sujet à discuter avec légèreté...
La religion a été, d'après moi, créée pour proposer une aide à ceux qui peinent face à la dure réalité de la vie.
C'est un peu lâche la religion... Comme ça, en fonction de ce qu'il se passe, on a une excuse. Dieu l'avait décidé.
Tout d'un coups, toutes ces idées me quittent. Je reviens à la réalité. L'homme s'en va...
Pendant quelques minutes, j'observe moi aussi cette ambiance qui semble ante-apocalyptique.
Je sors mon portable. Il est 8h25.
Un jeune homme de mon âge fait alors son apparition. Style Tecktonik, ses fringues sont blindée de flotte. Et pourtant il sort à peine du bus.
Son arrivée, c'est un peu "L'art et la manière de refroidir mon envie de partir de se putain de porche, sous lequel je squatte depuis 20 minutes"...
Bon ben tant pis, j'reste là plutôt que de me petit noyer quelques minutes après sur la voie rapide, dans le seul but de rentrer chez moi. (Ce serai bal...eau ?).


"Sympa ta coupe. Même avec la flotte elle tient !
Putain mon gars, entre la flotte et le ciel noir, limite on se croirait dans un film t'sé !"


Nan mais explique moi c'est quoi le rapport avec ce que je viens de te dire ?
Attends Qu'est-ce qu'il a dit ? On se croirait dans un film ?
Putain je rêve. C'est vraiment la seule chose que l'on sait faire en France, quand il y a un évènement qui nous impressionne. On le compare à la TV...
A croire que la culture de notre société est basée sur ça. Ah bah chuis con, c'est déjà le cas.


"Franchement mec chuis trempe t'sé ! Tu viens d'où toi ? T'es nikel genre !?
- Chuis du clos, mais j'me suis abrité là quand ça a vraiment commencé à tomber.
- Putain c'est sévère t'sé, j'ai même d'la flotte dans mes shoes sérieux quoi"


Simon sors immédiatement de se corps, c'est un ordre.
J'commence alors à taper la discute avec un mec que j'aurais jamais rencontré si il pleuvait pas.
Lui aussi, aime la musique. Il est DJ amateur dans certaines soirées. Comme quoi on peu avoir des gouts exécrables en matière de vêtements, tout en ayant une passion noble (la musique <3).
Il m'explique qu'il va être à amené à animer deux soirées pour des amis cet été. Mi aout. Dans les environs de Perpi. On déblatère sur le fait qu'en France il n'y a que du commercial coté musique. Toutes les perles d'indépendants de tous styles dispo sur le net ne sont pas connus en France.

"Par contre aux States s'pas pareil t'as vu ? Ici la DNB c'est pas connu mais aux USA ça l'est trop t'sé !"

Drum'N'Bass. Musique si chère à mes yeux, preuve d'originalité, d'innovation. Nous partageons pas mal de points communs sur la musique.
Puis le ciel commence à s'éclaircir, mais la flotte tombe toujours autant. Enfin, quand je dis que le ciel s'éclaircit... Faut surtout rappeler qu'il y a encore 5 minutes il faisait nuit noire quoi.
Notre Tecktonik-Killer jarte tout seul de mon abris après m'avoir fait un check. Bonidé mon grand, même si je suis tolérant, faut pas pousser non plus xD (Je plaisante, bien sur. Enfin je pense)
Bref, je sors mon portable, prends une rapide vidéo... Le ciel est moins noir, mais c'est pas encore ça.
Le phénomène de foire parti, il laisse place quelques minutes plus tard à un gars qui a certains trais de Gaet (Ami qui a fait qu'aujourd'hui je diffuse mes musiques, tout de même.)
Il est habillé en jean, sweat-shirt noir. Et comparé à l'épileptique occasionnel, la pluie n'a clairement pas l'air de l'amuser.
Nous n'échangeons strictement aucun mot. Je sors mon portable, prend une vidéo particulièrement inutile.
Cinq minutes plus tard, un livreur sors précipitamment de son fourgon et sors un paquet cartonné.
Il cours, saute le trottoir, se loupe, se viande. J'y pense, vous connaissez la blague de plouf le paquet ? non !?
Bah c'est un paquet remplit de bouffe à destination d'une sorte de snack à coté de mon porche. Et comme le livreur est une merde et qu'il pleut, ben plouf le paquet.
Quelle blague de merde. J'en suis à me faire des blagues tout seul. Là ça devient préoccupant.
Je sors mon portable à nouveau pour me rendre compte que je flâne dans mes pensées depuis 20 minutes. J'en profite pour prendre une vidéo du sosie de Gaet.
Cinq minutes passent... Mais rien se passe. Cependant, je ne me fais pas chier. D'ailleurs, je ne me fais jamais chier. J'ai toujours un truc à penser.
Une jeune fille vient alors entre nous, là encore, aucun mot n'est échangé.
Bande de frustrés. On pourrait trop discuter de pleins de trucs différents, mais non. Vous deux restez dans vos pensées et moi dans les miennes.
Rien qu'à voir vos comportements, c'est clair que nos des vécus sont bien différents et par conséquent nous avons surement des choses à nous apprendre, des expériences à partager. (je pense).
Mais non, aucun ne semble souhaiter partager quoi que ce soit. Et bien soit. Très bien, restons dans nos coins respectifs. Nah.
Elle sors une cigarette, fume, regarde son portable.
Il l'a voit, sort aussi son portable. Tape un sms.
Alors moi aussi, je sors mon portable. Je commence alors à me préparer à prendre une vidéo, de cette situation plus que risible.
C'est carrément stupide. Nous sommes trois sous un porche de 3m de longueur et moins d'un de profondeur... Et il ne se passe tellement rien, que l'on peu facilement faire une distinction entre les gouttes qui tombent sur la voiture et celles qui tombent sur le lampadaire de métal juste à coté.
Elle regarde le type à sa gauche. Il continue son sms en l'ignorant.
Je sens mon tour venir. Un échange probable se fait sentir.
Bon bah, là j'ai besoin d'un dieu. Faites qu'elle ouvre la bouche et engage la conversation ou se taise à jamais, amen.
Elle se tourne vers moi. Je fais signe du visage "On se fait vraiment chier... Tu trouves pas ?"

Elle répondit par un hochement de tête.
Okay, ça c'est fait. Bon ben, j'enclenche le mode vidéo de mon Samsung pour prendre une vidéo.
Et là surprise, elle lève les yeux. Discret le Philou, comme d'hab. Je ferme mon portable.
Je réalise que l'autre statue en sweat noir est toujours là et prends conscience qu'il attend le top départ pour nous fausser compagnie. Le mec tire les lanières de son sac vers le bas (pour ne pas qu'il bouge trop pendant une probable course). Il se fige quelques secondes, puis se met effectivement à courir en direction de la Fnac.
Bâtard. Et bien au revoir chère ex-possibilité d'une envisageable conversation.
Je me replonge dans mes anciennes réflexions. Notre société est seule. Elle dialogue de moins en moins, partage de moins en moins de choses.
Exemple type, on se bourre souvent la gueule, histoire d'oublier les soucis d'un monde d'adulte dans lequel nous sommes trop vite plongés. Cuite qui nous donnera l'illusion de partager quelque chose, quelque chose où l'on est sûr de rigoler.
Un fun imposé en quelques sortes, nécessaire et inévitable. Ou alors c'est juste moi à cause de... Je ne sais pas.
Dix à vingts minutes se sont passées depuis la sortie regrettable de mon envisageable partenaire de conversation.
Tant pis, même pas envie d'essayer avec elle. Je réalise que ça commence à faire un bon bout de temps que je suis planté là. J'devrais ptet bouger... Oh et puis non. Chuis très bien là. Et puis faut dire j'ai pas mal la flemme en fait.
Il est aux alentours de 9h30. Je suis donc là depuis pratiquement une heure et demie, mais le pire c'est que je ne me suis pas ennuyé une seule seconde.
Outre la possibilité d'être conscient dans mes rêves, j'ai aussi la faculté de jamais me faire chier.
Pratique.


J'émerge, mes idées s'effacent... La pluie cesse. La jeune fille s'en va.
Je prend mon sac, puis m'en vais.




J'pense vraiment que de la merde.
Bon ben ça sera la dernière fois que je suis allé au Clos.



"N'empèche, il faudrait que j'la raconte sur mon blog cette fameuse heure tout pérave.
J'imagine déjà le titre.
Récit pourri d'une journée pérave dans un monde de merde, le tout avec le sourire."

# Posted on Monday, 11 August 2008 at 8:16 PM

Edited on Tuesday, 28 October 2008 at 4:56 PM

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